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Ghetto Érudit s'entretient avec Soulkast

Il y a quelques semaines, Bbrain, l’animateur de Ghetto Érudit – l’émission la plus MONG au Québec – s’entretenait avec le rappeur français SoulKast, qui vient de mettre sur le marché un album historique pour le rap hexagonal.

En effet, l’album Honoris Causa se démarque des productions habituelles par une production poussée, mais surtout pour l’impressionnante liste de collaborateurs, dont DJ Premier, MOP, Onyx, Das Efx, Talib Kweli, Ghostface Killah, Bones Thugs N Harmony, Medine, IAM, Kery James et Taktika. Voici la retranscription de l’entretien :Des dates de concert sont à prévoir au Québec et dans cet entretien exclusif à Ghetto Érudit, SoulKast nous parle de son point de vue sur cet album, qui a pris deux ans avant de voir le jour, en plus de nous relater ses expériences avec ses collaborateurs de renoms.

Bbrain.
Ça va, on a SoulKast au téléphone qui nous présente son album Honoris Causa, c’est un album en fait que, nous on t’as découvert, je te dirais à l’automne dernier, quand tu as commencé la promotion en vue de la sortie de l’album, une collaboration avec DJ Premier. Ici ça a tourné beaucoup à l’émission, est-ce que ça se passe bien pour toi?

SoulKast.
Ouais, ça se passe très bien, on a des super gros tours et en tous les cas, les gens apprécient beaucoup l’album et puis nous sommes très contents…

Bbrain.
Honoris Causa, est-ce que tu peux nous parler un peu de pourquoi l’album s’appelle ainsi?

SoulKast.
Alors, Honoris Causa en latin ça veut dire « en honneur de la cause », « en honneur de… », en fait c’est un hommage que moi je rends à toutes les légendes du rap qui ont marqué l’histoire de notre musique et de la culture Hip Hop. Voilà, pour moi, c’est un peu un devoir de mémoire, en gros voilà, dans cet album-là j’ai voulu réunir tous les artistes que moi j’appréciais, en étant ado tu vois, tous les mecs qui m’ont fait rêvé et je les ai réunis sur un album. C’était une manière aussi pour moi de rendre hommage à cette musique et à la culture Hip Hop.



Bbrain.
Souvent, ici au Québec, nous ne sommes pas tous le temps très à jour avec ce qu’il se passe en France, tu as été une découverte pour nous cette année, mais j’imagine que ça fait plusieurs années que tu es dans la musique. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours jusqu’à aujourd’hui?

SoulKast.
Alors donc moi, ici en France, j’ai fait parti d’un groupe qui s’appelait Da Hypnotik, dans la ville de Lille, qui est dans le Nord de la France. J’ai sorti deux disques avec ce groupe, avant de s’arrêter en 2005. Pendant trois-quatre ans, je ne me suis pas trop remis sur le devant de la scène, et en 2009 en fait, j’ai eu l’envie de faire cet album-là. J’ai commencé, en fait, en faisant un featuring avec le groupe Onyx, et tu vois à la base je me disais que ça me paraissait vraiment impossible de faire un titre avec ces gens là, mais ça s’est tellement bien passé, ça a été tellement facile à mettre en place, que je me suis dit que j’allais continuer. En fait, je ne me suis pas arrêté, donc j’ai fait toutes ces collaborations. Il y a des artistes comme Das FX, MOP, Talib Kweli, Ghostface Killah, DJ Premier. Il y a Bone Thugs & Harmony et en rap français, j’ai IAM, Medine et Kery James et donc voilà, c’était le concept de l’album, c’était vraiment de réunir tous les artistes que je kiffais.

Bbrain.
C’est vraiment tous des poids lourds dans la musique, est-ce que tu as eu des refus au travers de ta démarche? Est-ce qu’il y a des artistes que tu as approché qui ont refusé de collaborer à ton projet?

SoulKast.
Non. Non, non, non, non, je n’ai pas eu de refus. Il y a des artistes que j’aurais voulu faire, mais c’était compliqué à mettre en place, mais je n’ai pas eu de refus. Disons que tous les artistes que j’ai approchés, à chaque fois que j’allais leur expliquer le concept en leur disant, voilà, que je voulais faire un album un peu retour aux sources, puisque tu vois les beats sont très marqués années 90, c’est vraiment du pur Boom Bap, et à chaque fois le concept leur a plu. Ça leur faisait plaisir de reposer sur des sons à l’ancienne, donc ils ont tous accroché sur mon style, les dialogues sont allés super rapidement et en studio, on a vraiment passé des bons moments…

Bbrain.
Nous ici à l’émission, il y a à peu près un an, on recevait DJ Premier dans les studios et on discutait avec lui justement, des artistes à l’international, puis il nous parlait qu’il allait collaborer avec un rappeur français. Pendant les mois qui ont suivi, on a découvert qu’il s’agissait de toi, comment s’est fait cette collabo avec Primo?

SoulKast.
Alors la rencontre avec Primo, en fait, j’arrivais un peu sur la fin de l’album et je n’avais pas fait de collaboration avec un beatmaker américain et le premier nom qui m’est venu à l’esprit est DJ Premier. Mais là, je me suis vraiment dit que ça allait être impossible tu vois, DJ Premier c’est vraiment une icône tu vois, tellement que ça me paraissait intouchable. Et en fait, j’ai réussi à rentrer en contact avec son manager et quand je lui ai exposé le projet, l’avantage que j’avais c’est que j’avais déjà fait tous mes featurings, et en fait, ça l’a vachement impressionné. Par exemple, que je fasse des titres avec Ghostface Killah qui ne fait pas beaucoup de collaboration avec des artistes étrangers. Et ça l’a tellement impressionné et il a tellement apprécié le son qu’il m’a dit : « et bien écoute, si tu veux venir faire un feat, et bien il faut venir à New York », donc j’ai pris mes billets d’avion et je suis parti à l’aventure et j’ai fait ce titre-là, et on a fait un clip, et quand il est venu à Paris au mois de décembre on est monté sur scène ensemble. Ça a été une vraie collaboration, ça a été vraiment une super aventure avec DJ Premier, il m’a beaucoup soutenu sur la sortie de l’album.


Bbrain.
D’ailleurs, ce qui est très bien avec la promotion entourant ton album, c’est que l’on peut visionner des capsules dans les coulisses avec la plupart des artistes avec lesquels tu as collaboré, c’est bien d’avoir documenté ça.

SoulKast.
Bien, je trouve que c’est important, déjà pour moi d’immortaliser tous ces moments-là dans une vidéo, parce que voilà dans une vie ça n’arrive pas tout le temps de pouvoir approcher ces gens-là, et puis c’était une manière pour moi de partager ça avec le public. Tu vois, par exemple, des images de studio avec DJ Premier, sur Internet finalement t’en a pas beaucoup ou tu le vois scratcher en studio. Donc c’est vraiment des images qui valent de l’or et je voulais vraiment partager ça avec tout le monde.

Bbrain.
Un autre artiste qui est quand même présent sur ton album est Brahi, très talentueux le gars, est-ce que tu peux nous parler un peu de qui est Brahi?

SoulKast.
Alors Brahi, c’est un rappeur qui faisait partit du groupe Harcèlement Textuel, qui est un groupe qui a pas mal fait parler de lui il y a quelques années, et c’est aussi, vachement enfin tu vois, c’est un ami à moi à la base. Il a suivi mon projet depuis le début et je trouve que c’est quelqu’un qui a beaucoup de talent. Je voulais le mettre en avant sur mon album et voilà, artistiquement c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et il était régulièrement là pendant les sessions studio et comme il y avait de la place, je lui ai dit allez viens, tourne sur trois-quatre morceaux et voilà. C’est vraiment un artiste très talentueux qui a une vraie plume, donc j’ai été content de l’inviter sur mon album, ça a été un vrai plaisir.

Bbrain.
Les productions c’est du lourd, c’est des gros beats, justement il y a un beat de DJ Premier, mais au niveau de la production sur le reste de l’album, qui retrouve-t-on?

SoulKast.
Alors il y a différents beatmakers, t’as les Frero prod., qui sont deux frères originaires de Paris, il y a DJ Shean, All in beatz, Dj Duke, qui est le DJ du groupe ASSASSIN et voilà, c’est les gens qui ont fait tous mes instrus. Voilà, le mot d’ordre c’était vraiment… je voulais du Boom Bap, du rap à l’ancienne, très marqué années 90. Donc, c’est cool. Je suis vraiment satisfait au niveau des productions, je trouve que le niveau est vachement très bon.

Bbrain.
Puis au niveau des collaborations que tu as faites, des rencontres, qui a été le plus réceptif ou qui t’as le plus impressionné dans tes rencontres en studio?

SoulKast.
Bien disons que chacune des collaborations a été marquante, ça a été vraiment impressionnant de rencontrer DJ Premier. Il est très humble, on a eu beaucoup de discussions ensemble et le voir travailler était vraiment une belle expérience. Après, celui qui m’a le plus impressionné, je pense en termes de charisme et etc., je pense que c’est Ghostface du Wu-Tang. Il a une vraie envergure, il est grand, tu vois, mais après tu vois, chacune des rencontres a été marquante pour moi. C’est tous des gens, tous des rappeurs que j’ai beaucoup écouté en étant adolescent, donc le fait de les retrouver là devant moi en studio c’était vraiment une vraie, une pure expérience.

Bbrain.
L’album est distribué au Québec sous Explicit productions, comment s’est fait la collabo avec le Québec? Est-ce que c’est toi qui recherchais à être distribué ici?

SoulKast.
Non, j’ai reçu un message du responsable du label, Patrick, qui m’a contacté et on est rentré en contact en fait, et moi forcément avec cet album-là, ça m’intéresse de pouvoir promouvoir mon album à l’étranger. On s’est très très bien entendus, ils sont très très professionnels, franchement ça a été une super belle expérience et on a fait un petit track avec Taktika, qui est un groupe de chez vous. Super, très très bon feeling et j’ai hâte de venir, a priori cet été à partir du 8 juillet je vais venir faire des dates de concert. Ce n’est pas encore confirmé, mais là, on va pouvoir annoncer ça dans les 15 jours je pense, j’ai vraiment hâte de venir pour pouvoir faire des concerts par chez-vous.

Bbrain.
Et bien écoute, si jamais tu passes par le Québec, ça va nous faire plaisir de te recevoir en studio à l’émission, pour une version live. Si tu avais une pièce à nous présenter, nous on a diffusé la pièce Première Salve, on a joué Même réalité avec Taktika et Kery James, si tu avais une autre pièce à faire découvrir à nos auditeurs, ce serait laquelle?

SoulKast.
Aller on va mettre le morceau avec Das Efx, ouais…

Bbrain.
Le morceau avec Das Efx, donc We live Hip Hop.

SoulKast.
Tout à fait, avec Brahi et Das Efx.

Bbrain.
Donc, on se quitte avec Das Efx, SoulKast et Brahi, We live Hip Hop sur les ondes de Ghetto Érudit, CISM 89.3FM


Bbrain.
Habituellement à l’émission, on a un petit protocole à Ghetto Érudit quand on termine nos entrevues, on laisse faire un petit a cappella ou un petit freestyle aux artistes, est-ce que tu serais chaud pour faire une petit a capella?

SoulKast.
Vas-y, y’a pas de soucis, je vais te faire un petit a capella si tu m’entends bien.


SoulKast.
C’était un extrait de Honoris Causa, SoulKast, l’album est dans les bacs. Avec DJ Premier, Ghostface Killah, Talib Kweli, MOP, Onyx, Das Efx, Taktika et plein d’autres invités. Yeah! Yeah! C’était SoulKast! Peace!

Bbrain.
Yes, merci SoulKast, c’est toujours un plaisir de parler avec des artistes qui ont des gros projets, on espère te rencontrer lors de ton séjour au Québec, si tout se confirme dans les prochains jours. L’invitation est là si tu veux passer dans les studios pour faire une entrevue complète, tu seras le bienvenu.

SoulKast.
Ok, avec un grand plaisir. Merci à vous pour le soutient, ça fait plaisir.



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