Home > Critics > Canardo - Papillon

Canardo - Papillon

« Papillon » ou le passage d’un Canardo des consoles à la cabine du studio, la trajectoire d’un producteur se mettant logiquement à rapper. Un envol dans un univers de rap-électro…



Quand « Je ne perds pas le Nord » se fait entendre, on ne lui trouve rien d’exceptionnel, narrant des embûches comme ont coutume de faire les artistes. Dès le deuxième son, on est surpris par les flows de Canardo et de Green, entre speed et mou. Mis en parallèle, le « Bismillah » (« au nom d’Allah ») et la drogue sont un paradoxe religion-délinquance accompagné d’une prod digne de la troisième dimension. Est-ce pour mieux préparer l’auto-tune de « Priorité » ? Un titre, comme le prolongement de la première piste ou le récit de sa vie, ponctué de chant dans les aigus. Avec Gappy Ranks sur « Super hero », on fait place au soleil jamaïcain et à un débit nasal. Puis, « Ailleurs » qui sonne comme une balade prend aux tripes car surprenant de voir un rappeur dans ce style. Après ça, virage à 180° via « Big Bang » dont l’air fait penser à « Down » de Jay Sean. Dans « Le chant du ghetto », on ressent de l’électro « rassembleur » au vue des « eh, oh ». Bon point : pas de côté sombre, on est loin de l’artiste voulant évoquer la galère par un univers noir.

« Petit enfant soldat » marque par son xylophone rappelant l’enfance et son monde du rêve. Si « Bismillah » sonnait religieux, « Inchallah » (« Si Dieu veut ») l’est tout autant. Electro au début, le morceau est véridique : il faut s’accrocher à ses rêves. Par la suite, le frangin La Fouine débarque sur « Henijay » (« J’arrive » en dialecte marocain). En toile de fond, la rue : mauvaise mais source d’inspiration. On croyait l’opus dépourvu d’égotrip ? Illusion ! « Pas de place » en featuring avec de nombreux artistes est un long mélange de flows sans trop entendre Canardo qui reprend du service sur « Hors de contrôle ». Comment le qualifier ? Un son dancefloor qui s’efface pour « Plus grand », un titre dans lequel un enfant prend conscience que la vie n’est pas de tout repos. Dans la continuité, les lyrics de « Christelle » se présentent comme efficaces, sans excès. Enfin, « Papillon » teinté de couleurs a les notes d’un Canardo en quête de lui-même. Ainsi se clôt un album entre rap et électro : un mélange étonnant.



By: Siham TOUIL

Comments

Online Store