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Talib Kweli - Gutter Rainbows

Frais de son opus en collaboration avec Hi-Tek, Revolution per Minute, Talib Kweli renoue avec la qualité en présentant son cinquième album solo Gutter Rainbow.



Ceux qui suivent l’artiste de près se rappelleront le mécontentement que Talib a ouvertement exprimé en fin d’année 2010 vis-à-vis sa maison de disque Warner, dû à un manque flagrant de promotion du groupe. Or, pour palier à ces problèmes et pour s’assurer d’avoir tout le contrôle créatif de sa promotion, l’album paraît sous la nouvelle étiquette Javotti Media, avec une distribution 100% indépendante et ce, malgré le fait qu’il possède son étiquette Blacksmith Music sous Warner.

Ainsi, pour cet album, Kweli se montre très introspectif, plongeant dans ses souvenirs d’enfance des quartiers décrépis de Brooklyn, d’où le titre, Gutter Rainbow, qui fait référence aux flaques d’essence qu’il apercevait au sol. La notoriété de Talib a pris énormément d’ampleur depuis ses humbles débuts avec la famille de Rawkus records. C’est pourquoi l’aisance de l’artiste est saisissante et sa plume est d’une fluidité exemplaire durant les quatorze morceaux du disque. Les influences sonores de l’album semblent être fortement inspiré de gospel et de jazz. Cependant, il semble que Talib a voulu revenir au son qui lui a valu énormément d’éloge dans les années 90, c’est-à-dire du rap qui n’est pas prétentieux et qui a comme finalité le positivisme. L’absence de son producteur de main et partenaire de groupe Hi-tek est notable et elle semble être compréhensible pour distinguer ce que Talib fait en solo de ce qu’il fait avec Reflection Eternal. Par contre, l’espace à la réalisation est très bien comblé par des producer ayant une forte notoriété dans l’underground tel que KHRYSIS! (Justus League), Oh No (Gangrene), le Canadien Marco Polo, Ski Beatz et S1, la recrue qui a créer Power pour Kanye West l’année dernière. Du coté des apparitions, le micro est surtout partagé avec des chanteurs tel que Kendra Ross, Nigel Hall et Blaq Toven alors que Jean Grae, Chace Infinite et Sean Price assiste le rappeur sur les excellentes pièces auxquelles ils collaborent.

On peut clairement dire que Talib Kweli livre toujours la marchandise sur les projets qu’il offre à ses fans. Cependant, il semble que cet album me laisse en suspend, comme si je n’étais pas complètement assouvi, étant donné le potentiel de l’artiste. Malgré le fait que le projet devait, au départ, n’être qu’un digital release, il semble que ce soit plutôt un move à saveur « rap-politique » afin de tenir tête à sa maison de disque Warner. J’aurais bien apprécié une collaboration de Mos Def sur l’album et aussi une chanson avec Hi-Tek qui, selon moi, amène toujours Kweli à se surpasser. Sommes tout, ça vaut quand même le détour et il faudra suivre de près ce qui se passera avec son étiquette Blacksmith.



By: Ghetto Érudit

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