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Raekwon - Shaolin vs Wu-Tang

La barre est toujours très haute pour un artiste qui a offert un album cultissime à ses fans. Dans le cas de Raekwon, il a réalisé cet exploit à deux reprises, dans le cadre de la série Only Built 4 Cuban Linx.



Le premier, paru en 1995, a littéralement établis les bases pour le Gangster Rap moderne et a servi de modèle pour nombreux artistes depuis. Ce n’est pas pour rien que Cappadonna avait lancé comme rime en 1997 sur Little Ghetto Boys, “Half the east coast sounding just like Rae…”.

Il est difficile de parler de l’album en faisant fie de la polémique entourant le concept de Shaolin vs Wu-Tang. Peu de temps avant la parution du dernier album du Wu-Tang Clan, 8 Diagrams, plusieurs membres du groupe ont publiquement exprimé leur mécontentement vis à vis la tournure de l’album et le fait que RZA semblait garder tout le contrôle créatif de l’album. Raekwon était de ceux qui s’étaient levé contre leur leader et il affirma dans diverses entrevues que le groupe travaillait sur un autre album du Wu-Tang Clan du nom de Shaolin vs Wu-Tang, sans la participation de RZA. Heureusement, les tensions se sont résorbées depuis et Raekwon a décidé d’utiliser le titre pour son usage personnel, en promettant de ramener ce qui a mis le groupe en valeur au départ; des raps crues sur des instrumentaux pesants et lourds, parsemés d’effets sonores de Kung-Fu.

La formule fonctionne à merveille sur la plupart des morceaux, en commençant par la chanson éponyme. On retrouve que trois membres du Wu-Tang sur l’album, à savoir Inspectah Deck, Method Man et sans surprise, Ghostface Killah. C’est principalement des collaborateurs de l’externe qu’on retrouve tel que Busta Rhymes, Jim Jones et Rick Ross, qui collabore sur Molasses, une pièce dont l’échantillonnage d’Ann Peebles, troubles, heartaches and sadness, a déjà été utilisé par RZA.

Trois collaborateurs se distinguent par leur pertinence et par l’impact qu’ils laissent sur l’album. D’abord, Lloyd Banks m’a énormément surpris sur Last trip to Scotland, où il échange cote à cote avec le Chef avec une aisance inespérée. Ensuite, c’est au tour de Rae de partager le micro avec Black Thought du légendaire groupe The Roots, après Ghostface sur Apollo Kids, sur un morceau s’apparentant au classique Heaven & Hell de la casette mauve. Finalement, l’apparition que tous attendaient avec impatience prend forme sur Rich and black où, à tour de rôle, Nas et Raekwon s’échange des rimes comme ils l’ont si bien fait sur Verbal intercourse ou encore sur Let my niggas live. Étonnamment, Raekwon prend le dessus cette fois-ci avec du braggadocio rap comme seul lui peut y arriver. Par contre, les vrais reconnaitront les paroles et l’instrumental réutilisés d’une collaboration mixtape entre Sha Stimuli et Nas, ce qui est un peu décevant.


En faisant abstraction de ces quelques bémols, l’album est, malgré tout, un produit très solide qui s’écoute bien du début jusqu’à la fin. Une chose est certaine, on ressent définitivement l’influence de RZA chez les producteurs invités de l’album, qui ont tenté de recréer l’univers musical dans lequel le Wu-Tang prolifère. Heureusement, la majorité des producteurs ont réussi cette émulation avec brio. Reste à voir comment Raekwon triomphera sur son prochain album, Only Built 4 Cuban Linx Pt. III, qui a été récemment annoncé.



By: Ghetto Érudit

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