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Lupe Fiasco - Lasers

Dans la vie d’un artiste, signer avec une maison de disque majeure est souvent un gage de réussite et de l’épanouisement musical d’une carrière (voir Drake, B.O.B., etc.).



Cependant, pour d’autre, c’est souvent le début d’un cauchemar entourant les droits d’auteur et les politiques de l’industrie musicale. Des albums complets ont été rangés dans des filières à jamais (voir Skillz avec I ain’t Mad no More, Cormega avec The Testament et l’album de Rakim sur Aftermath, , etc.) ou jusqu’à ce que la maison de disque décide que le moment est opportun. Lupe Fiasco est malheureusement tombé dans ce piège, après la parution de son deuxième album The Cool, où le néant était la seule chose assurée dans sa carrière musicale. N’ayant aucune date de sortie et face au statu quo d’Atlantic, Lupe s’est tourné vers d’autres projets musicaux dont son projet de band rock à saveur punk-esque Japanese Cartoon. Ensuite, après avoir organisé une pétition et manifestation devant les bureaux d’Atlantic en 2010, la maison de disque a finalement fixé la date de Lasers pour le 4 Mars 2011, sous l’acclamation des fans. Par contre, très peu pouvait se douter du résultat.

D’abord, je m’étonne de voir qu’aucun des supposés simples parut dans les dernière années ne figure sur l’album (Shinning down, I’m beaming, et Go to sleep). Au lieu de cela, on nous offre The Show goes on, une interpolation de Float on du groupe Modest Mouse qui utilise la formule I can de Nas, avec un message positif incitant les gens à ne pas lâcher.

Ensuite, il est difficile de trouver une ligne directrice derrière Lasers. Tantôt une chanson inspirante tel que Letting go ou Till I get There, ensuite un morceau préfabriqué pour plaire au mainstream comme I don’t wanna care right now, Out of my head, Coming up et Break the chain. La plupart de ces morceaux utilisent de gros synthétiseurs à la mode et un son qui tente d’imiter les Black Eyed Peas et Flo Rida de ce monde. La présence de l’artiste MDMA, autrefois connu sous le pseudonyme Pooh Bear, est très redondante et on peut clairement voir que l’entourage de Lupe tente d’en faire une star pour le label 1st & 15th.

Malgré ces bévues, on ne peut enlever à Lupe son incroyable talent pour l’écriture qui s’avère très apparent sur quelques pièces de l’album dont l’excellente Never forget you avec John Legend, et All Black Everything, où il s’imagine un monde où le peuple africain aurait colonisé les blancs et comment les choses se passeraient de nos jours.
Ainsi, on ne peut pas cracher sur le talent de Wasalu Muhammad Jaco, qui fait partie de l’élite de la cuvée de rappeur ayant été découvert dans les 2000. Or, on ne peut s’empêcher de poser des questions sur son état d’esprit lorsqu’il a fait cet album. Bien des réponses ont été données par l’artiste lors d’une entrevue au magazine Complex en début d’année. Lui même affirme être mitigé par le résultat de l’album, à cause des contextes tendus dans lesquels ont été réalisé certaines pièces :

“One thing I try to stress about this project is, I love and hate this album. I listen to it and I’ll like some of the songs. But when I think about what it took to actually get the record together and everything that I went through on this record — which is something I can’t separate — I hate this album. A lot of the songs that are on the album, I’m kinda neutral to. Not that I don’t like them, or that I hate them, it’s just I know the process that went behind it. I know the sneaky business deal that went down behind this song, or the artist or singer or songwriter who wrote this hook and didn’t want to give me this song in the first place. So when I have that kind of knowledge behind it, I’m just kind of neutral to it like, ‘Another day, another dollar.’ As opposed something like The Cool, which is more of my own blood, sweat, and tears, and my own control. With this record, I’m little bit more neutral as to the love for the record.”

Ainsi, je crois que Lupe voulait explorer une voie différente pour Lasers et malheureusement, je ne crois pas que c’est ce que les fans voulaient. Faire de la musique populaire peut être viable pour certains artistes mais je crois que le talent de Lupe Fiasco devrait être mis de l’avant autrement, principalement en restant lui-même sur les enregistrements et d’éviter de sombrer dans le tourbillon de la musique diluée.



By: Ghetto Érudit

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