Home > Critics > IAM: quand l'expérience se refait une jeunesse

IAM: quand l'expérience se refait une jeunesse

Fan du légendaire groupe marseillais IAM depuis 1994, année où j’ai découvert l’excellent Ombre est lumière, j’avais hélas peu d’espoir pour Arts Martiens, le plus récent effort du sextet devenu quintet depuis le départ de Freeman. L’album L’école du micro d’argent avait tout simplement marqué mon imaginaire d’une nouvelle substance. En marge des Francofolies et suite au lancement de leur nouvel opus, HHQc a fait une écoute attentive de l'album.



IAM avait longtemps trôné à la tête de la chaîne alimentaire de mes groupes de rap préférés. Or, après la parution du single de trois titres Independenza, le groupe fétiche de mon adolescence (qui nous avait également donné Métèque et Mate, Sad Hill, Chronique de Mars, Où je vis, L’palais de justice et Sol Invictus lors des efforts solos d’Akhenaton, Shurik’n, Freeman, Khéops et Imhotep) avait rapidement perdu des plumes. Les albums suivants n’avaient plus la même hargne, la même force ou la texture des efforts des années 90. Les principaux protagonistes semblaient avoir perdu cet appétit qui caractérise les jeunes MC. Les décevants Revoir un printemps en 2003 (malgré la pochette thermosensible totalement insane) et Saison 5 en 2007 m’avaient fait perdre de l’intérêt au fil des années. 

En septembre 2011 la flamme s’était rallumée pour un court instant alors que j’avais eu la chance de voir le groupe lors d’un spectacle à Laval (Shout Out à Koriass pour la première partie). Le temps d’un concert, mon adolescence avait refait surface (Philly Blunt et mickey de tequila dans la poche arrière de mon jean à sip dans le parking) et m’avait donné le goût de bump «L’école» durant quelques jours.  Hélas, cette courte recrudescence de rap phocéen dans mes speakers ne m’avait pad davantage donné le goût de me procurer le plus récent effort du groupe. Heureusement, un lien de téléchargement (légal) m’est parvenu directement du label et ma curiosité habituelle m’a soudainement donnée envie de laisser une chance au coureur. Je voyais bien que les fans de jadis s’emportaient sur les réseaux sociaux, que les ventes étaient au rendez-vous et que certains de mes amis (dont je respecte énormément les goûts musicaux) en disaient le plus grand bien, mais je n’avais que très peu d’espoirs.

On dit souvent que la culture musicale suit des cycles. On dit également que le talent ne s’estompe jamais totalement et que dans les moments critiques, les plus grands savent agir en gagnants. Je me dois donc d’admettre qu’IAM m’a fait mentir et m’a démontré que leur innovation de jadis était encore possible en 2013. Merci IAM! L’album n’est pas à l’hauteur de L’école du micro d’argent, mais c’est selon moi leur deuxième meilleur album en carrière. Les instrus nous ramènent dans le temps sans toutefois sonner datés. Les drums et choix d’échantillons d’Imohtep se sont pointés à l’horizon au bon moment. Les verses de Shurik’n et (surtout) d’AKH ont retrouvé leur mordant d’il y a 15 ans. On ne retrouve pas la même agressivité que sur leurs grands classiques (leur âge explique surement cette plus grande maturité qui ressort de ce nouvel opus), mais on n’est pas très loin des textures qui ont fait de ce groupe l’un des plus grands de tous les temps. Je ne peux pas dire que l’album réinvente la roue et cela me paraît très bien ainsi. Parfois il est préférable de rester sur les sentiers battus pour se rendre à bon port. IAM n’a pas besoin de changer de direction artistique. Tout ce que l’on aime de ce groupe n’a jamais fini par se démoder. Les bonnes vielles références qui ont créé leur monde mythique sont ici accueillies avec grande affection. J’ai toujours aimé leurs allusions aux samouraïs, aux trucs médiévaux, à l’Égypte ancien et à leur univers Martien. En somme, je suis ravi de voir que les 5 artistes qui forment ce groupe nous sont revenus en grande forme et l’envie me ronge de les voir se produire en spectacle lors de leur passage aux Francofolies 2013. IAM est officiellement de retour et cet album vient fermer le clapet à tous les haters qui disaient que le groupe était dead (je dois avouer que j’étais l’un de ceux-là). En somme, l'expérience et la longévitié du groupe vient de se refaire une jeunesse!! Bonne écoute!! 




By: Brigante

Comments

Online Store