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Loud décolle plus haut en solo avec New Phone

Une semaine après sa sortie, le EP New Phone de Loud, semble faire la presqu’unanimité chez les fans de rap. Effectivement, l’efficacité de la mise en marché du projet ainsi que sa qualité sont impressionnantes. Ceci dit, c’est l’évolution - qu’a humblement affiché le rappeur - qui m’a surprise le plus. Sur «Longue histoire courte», on retrouve le spleen adolescent et la déchéance qui ont souvent été la fondation de ses verses, le tout soutenu par une sublime production signée Ruffsound. Une formule classique, certes, mais qui est rehaussée de touches personnelles actualisées. Loud nous explique où il s’en va plutôt que d’où il vient, à travers une imagerie qui nous ramène aux bancs d’écoles où les pousse-mines servent de percussions pour Still Tippin’. La nostalgie, le cheminement et la destination rêvée sont les leitmotivs de ce EP où Loud nous montre qu’il a fait beaucoup de chemin depuis «Ondulé EP», paru un an presque jour pour jour avant «New Phone».





Ajust revient lui aussi en force avec la sombre pièce Le pont de la Rivière Kwaï. On se retrouve immédiatement plongé dans une atmosphère grimey dans laquelle Loud, tout comme le protagoniste du film du même nom, hésite entre les fondations établies et l’acte libérateur de détruire pour mieux reconstruire. Des punchlines percutants, un texte bien ficelé et une nouvelle énergie dans les hooks sont les attributs principaux que Loud présente aux fans, qui ont été laissés en haleine depuis la pause indéterminée de LLA. L’influence de Mobb Deep est évidente dans cette chanson où l’eau a beau avoir coulé par-dessus les ponts, mais où Loud démontre qu’il n’a plus rien à prouver à personne.




Les deux dernières chansons New Phone Interlude et 56K - qui servent de trame sonore pour l’excellent premier (split) clip sont mes favorites du EP. Tout comme l’album solo de Prodigy (Mobb Deep), la liberté d’un projet solo a permis à Loud de toucher tant aux histoires de cœur qu’aux trucs plus «get jiggy». Je ne peux que louanger la production impeccable de Realmind, qui tout comme le vidéoclip, font de ce track un produit de niveau supérieur. Loud a quant à lui réussi à rendre justice à l’ensemble avec des verses captivants. Ces derniers sont parsemés de petits joyaux qui font que la réécoute en boucle s’impose car elle permet de mieux découvrir un Loud qui n’a qu’à laisser briller sa personnalité pour connecter avec son auditoire. 

Tout le monde fredonne déjà les tracks du «Telefono Nuevo» et j’ai rarement vu une sortie de projet avoir autant d’impact aussi rapidement auprès des fans, old and new. Le support de ses «Day Ones» sur la production et le packaging (shout out à son boy Will) ne font que rehausser l’élément brut de l’ensemble. Il va sans dire que le fait que 56K soit probablement le hit rap francophone de l’été vient clôre le tout de manière notable.


Avec New Phone, Loud a vraiment décollé et on attend de voir où le Boeing va se poser avec un album solo complet à l’horizon. Je ne suis pas un «backpacker nostalgique», mais c’est rafraîchissant de voir un projet bien fait qui porte un message et qui est de haut niveau sur tous les aspects! On le bumpera aussi bien dans le whip que sur la ligne orange et New Phone s’inscrit déjà facilement dans les meilleures sorties de l’année. Le label Joyride Records – qui tourne la page sur les années Silence d’or - peut être fier de leur nouvelle recrue, qui en l’espace d’un 4 tracks est rapidement devenu un joueur de franchise à surveiller.






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By: ASMA

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