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Entrevue avec Jurrassic 5

Le 11 novembre dernier, HHQC s’est rendu au Métropolis pour une interview exclusive avec Jurassic 5. Les membres de cette formation de la Côte Ouest Américaine ont discuté de leur nouvel album, de la longévité de leurs carrières et des stéréotypes qui les hantent.



Parfois sérieux, parfois moqueurs, Akil, Soupe, Chali Tuna et Newmark (Mark 7 était absent) demeurent toujours d'ardents protecteurs de leur style et musique anti-conformiste au rap vendeur, qui se fait actuellement. Lorsque nous devenons fan de J5, nous devenons fan non seulement de leur musique et leurs incroyables spectacles live, mais nous apprécions rapidement les personnages terre à terre que sont les membres de ce groupe. Cet échange démontre bien le caractère anti-star des membres du collectif et nous fait connaître un peu plus l’underground de la West Coast.

HHQc.com : Pouvez-vous illustrer les grandes différences entre le Hip Hop au début des année 90 versus le Hip Hop aujourd’hui ?
NewMark : Je pense que c’est la game qui a complètement changé. Il est devenu tellement centré sur les beats et les refrains, cela a donc changé la manière que les gens font la musique. Nous sommes dans l’ère des bars de danseuses et la violence est encore principale. De plus, avec les nouvelles technologies, les beats sont devenus plus gros, et en fait, il est devenu plus facile pour n’importe réalisateur de faire ces gros beats. Financièrement, le Hip Hop a atteint un summum, les gens sont propriétaires d’entreprises, de lignes vestimentaires, de marques de chaussures, même de meubles … !

HHQc.com : Sentez vous une certaine pression ou le besoin d’adhérer à cette immense machine qu’est devenue le Hip Hop ?
Akil : On ne ressent pas de pression comme tel, mais nous savons que nous devons rester pertinent au sein du mouvement. Nous arrivons après trois ans avec un nouvel album nous devons atteindre un certain sommet, l’on dit carrément que vous n’êtes qu’aussi bon que votre dernier album. Donc, on cherche a rester nous-même en analysant l’environnement qui nous entour.

HHQc.com : Parlez-nous de cette relation spéciale que vous avez avec vos fans
Chali Tuna : C’est très important cette relation. A travers les années elle a évolué au point qu’aujourd’hui nous puissions rester après des spectacles et signer des autographes. C’est cool de voir que c’est possible de faire ça et l’on continue de le faire.

HHQc.com : Es-ce que l’exposure médiatique par la radio, la télé et les palmarès sont des éléments important selon vous ?
Akil : Pour moi oui, nous devons comprendre que nous sommes dans un business. Nous avons grandit dans une époque ou notre type de hip hop était a la radio. Notre but est d’être dans le Source magazine, d’être présents comme ce type de rap était dans le passé. On essaye de toucher tout le monde par ces entremises. La promotion et la vente font partie de cette game, et nous nous devons d’être partout ou nous pouvons pour toucher le plus de gens possible.

HHQc.com : D’ailleurs vous vous êtes démenez pour sortir du cercle habituel du rap pour agrandir votre auditoire et toucher des gens qui autrement ne seraient jamais attirés envers le rap et le hip hop.
Soup : Lorsque vous avez une opportunité de promouvoir votre produit, vous y allé c’est évident. C’était un peu notre but aussi, de sortir des terrains battus du rap et de ne jamais faire les mêmes festivals ou concerts. C’est ça la musique, c’est d’aller voir ailleurs, de se diversifier. Aujourd’hui, la tendance dans le rap est de rester dans sa petite niche, mais personne n’exige ça du R&B ou d’autres types de styles, de rester homogène, alors pourquoi le rap devrait l’être.

HHQc.com : Vous parler de vous diversifier, vous l’avez fait sur cet album avec l’aide de Dave Mathews, parlez-nous de cette expérience et de comment est survenue cette collaboration.
Soupe : Il (Dave Mathews) nous a demandé de participer à la tournée Vote For Change et nous avons accepté, alors lorsque le temps est venue de faire notre album nous lui avons demandé de collaborer, il a accepté. Il y avait un respect mutuel entre musiciens et c’est dans ce cadre que c’est déroulé ce partenariat.

HHQc.com : Newmark, lorsque vous produisez ce beat, aviez vous déjà en tête l’aspect rock et pensiez vous déjà y ajouter un artiste invité.
Newmark : Non, pas du tout. Je laisse vraiment la musique mener. Si j’y pense trop, tout s’évapore. Je termine l’idée et je me laisse guider. C’est en fait Mark 7 qui m’a dit que Dave serait parfait pour cette track. C’est plus facile pour moi en tant que réalisateur quand l’on me donne un avis extérieur, je laisse les MCs se prononcer sur l’aspect vocal, sauf si lorsque je termine le beat, quelque chose me marque en particulier.

HHQc.com : La dernière track sur Feedback, Canto de Ossanha est une superbe instrumentale, quelle est l’inspiration derrière cette pièce ?
Newmark : C’était la dernière pièce enregistrée pour l’album et en général nous finissons toujours les albums avec un DJ Track. Je voulais me démarquer de ce que je faisais avec DJ Cut Chemist dans le passé, je voulais vraiment démontrer mon style. À ce moment là nous venions juste de quitter le Brésil, et cet endroit à laisser une immense empreinte. J’ai décidé d’y rester un peu plus longtemps et y faire des sets de DJs, de profiter de la ville et d’écouter de l’excellente musique. Après, tout ce que je voulais c’était d’écouter de la musique brésilienne et aussi d’en faire, et c’est la que réside l’inspiration pour cette track.

HHQc.com : Cali Tuna, tu as fait une collaboration avec Marcelo D2 ?
Chali Tuna : Oui, le concept était basé sur le film Ghostdog, c’était vraiment intéressant comme collabo.

HHQc.com : Parlez-moi de comment la musique est entrée dans vos vies.
Akil : Lors d’un très jeune âge. Elle a toujours été omniprésente, dans ma famille et dans mon cartier.

HHQc.com : Étant de la Côte Ouest, comment expliquer vous que votre style est si différent des influences de cet endroit.
Soupe : En fait, nos influences, sont des groupes dont vous n’avez peut-être jamais entendu parlé, mais elle sont quand même de la Côte Ouest. C’est ce que je trouvais lyriquement fort, pas ce que je trouvais gangster qui m’inspirait. Tout le monde n’était pas dans les gangs à L.A. Reste que j’aimais NWA car ils étaient bon dans ce qu’il faisaient. J’écoutais ce que je trouvais bons, peu importe leur style. J’aime la musique en général, alors j’écoutais tout ce que je trouvais de qualité.

HHQc.com : Es-ce que vous êtes embêté par certains label qu’on vous colle ?
Newmark : Des fois je me demande, somme-nous si positifs que ça. Pourtant on ne dit pas au gens d’aller à l’église et de faire des bonnes choses. Et je me dis, ben non, on ne dis pas ça. En fait, les gens disent peut-être ça de nous car nous ne parlons justement pas de fusils, des bars de danseuses etc., mais au bout du compte, il faut juste être heureux de ce que nous avons, il faut être reconnaissant d’avoir des fans et de pouvoir faire des shows.

HHQc.com : Es-ce que les gens aux Etats-Unis sont conscients que le Hip Hop s’est développé sur ses propres termes un peu partout sur la planète et pensez-vous qu’il serait pertinent que les artistes hip hop américains tendent la main aux artistes internationaux ou du moins comprendre l’étendu de leur influence et tenir conscience de l’étendu global de ce mouvement ?
Chali Tuna : Ça serait important au niveau de l’ouverture et de la connaissance. Mais en général le rap naît de la pauvreté, et la majorité de gens qui y participe n’ont pas le luxe de voyager et de voir cela. Mais le fait que le Hip Hop s’est infiltré dans tous les recoins du monde, est quelque chose que tout le monde devrait savoir.

Nous avons terminé l’interview avec les 10 Questions de Bernard Pivot, et les réactions fut plutôt amusantes et intéressantes.



By: Safia

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