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Entrevue avec Jenny Salgado a.k.a J-Kyll

Le Hip-Hop au placard pour J-Kyll?



Depuis 1996, Jenny Salgado, alias J.Kyll, roule avec l’un des groupes les plus influents de la scène hip-hop québécoise: Muzion. Le temps est venu pour la conquérante de vous présenter son premier album solo, une œuvre qui promet de déraciner les adeptes de ce courant musical.

« Je l’ai beaucoup dit, Dramatik et Imposs aussi : je quitte presque le monde du hip-hop. Pas quitter dans le sens d’abandonner, mais simplement aller se promener ailleurs. Selon moi, c’est le meilleur moyen de représenter un milieu, un groupe de personne, une appartenance. Je trouve que c’est ça l’évolution. C’est sûr que j’ai gardé le hip-hop en moi. L’attitude, le swag, l’engagement social, la recherche de la vérité, j’ai tout gardé ça, mais j’ai amené ça ailleurs…dans d’autres styles musicaux »

Q : Quels sont ces autres styles musicaux ?

R : Ça se promène beaucoup. C’est une histoire que je raconte du début à la fin. C’est un album qui est long, il y a 18 pièces. J’ai voulu faire un film audio où je raconte mon histoire, ma perception de l’humanité, sans contraintes, sans limites. Je me promène dans les styles, selon l’émotion qui est racontée. Si je veux dénoncer, il n’y a rien de mieux que le hip-hop. Si je veux rassembler, c’est le reggae, le world. Si je veux exprimer ma rage, c’est le rock, les guitares. Si je veux dépeindre le coté machinal du système, c’est l’électro. Bref c’est très éclectique, mais en même temps ça se tient parce que la musique parle et une musique qui veut raconter toute une vie en général ne peut pas se faire, selon moi, en un seul style.

Q : Tu as d’ailleurs joint Tacca Musique, une étiquette dont font partis des artistes issus de divers styles musicaux, tel que France d’Amour, Alfa Rococo, Chinatown et Anik Jean. Comment as tu joint les rangs de cette maison de disques ?

R : J’ai été voir beaucoup de maisons de disques, mais quand je me suis assise avec l’équipe de Tacca, j’ai tout de suite su que c’était avec eux qu’il fallait que ça marche. Ils ont tout de suite compris l’histoire que je voulais raconter et où je voulais m’en aller, l’évolution de J-Kyll jusqu'à celle que je suis aujourd’hui…

Q : Pourquoi avoir choisit « Le Bonheur on s’en fout » comme premier single/vidéoclip ?

R : Quand tu écoutes les paroles de la chanson : « Qu’est ce que tu vas leur raconter ? Mais on s’en fout ! », tu vois que c’est quelqu'un qui veut raconter sa vie, mais que les gens ne sont pas nécessairement ouverts à l’entendre. Ils aiment mieux rester en surface et fuir la réalité. Tout le monde cherche le bonheur, mais je trouve qu’aujourd’hui, le vrai bonheur, on s’en fout. On aime mieux fuir, on aime mieux faire semblant, on aime mieux jouer. C’est ça le premier message que je voulais transmettre. Avant de faire le bilan, il faut se demander ce qu’on veut suivre, ce qu’on veut être et ce qu’on veut représenter. Je trouvais que ça introduisait bien l’album.

Q : Tu sembles vouloir passer un message, tu es une artiste très profonde n’est-ce pas ?

R: Cela n’a pas changé en moi. Je respecte les gens qui décident de juste entertain, par exemple, j’adore Lady Gaga. Je trouve que ce qu'elle fait est mental! Cependant, moi ce n’est pas mon purpose. J’ai le goût d’y aller plus profondément, de toucher les gens dans le cœur et dans l’âme.

Q : Ton album sortira le 15 septembre prochain, il s’intitule « Et tu te suivra ». D’où vient le titre ?

R : Je trouvais que ça collait bien avec notre époque actuelle. Tout le monde cherche des amis virtuels ou ils cherchent à croire en une philosophie. Ils se cherchent eux-mêmes. Je me suis rendu compte qu’en bout de ligne, la seule personne à suivre, c’est soi-même.

Q : Tu dis également que tu racontes une histoire du début à la fin. Donc, écouter ton album c’est également de suivre ton histoire ?

R : Oui, tu ne peux pas vraiment déplacer les pièces. Si tu skip une chanson, tu skip une partie de l’histoire. L’album se suit chronologiquement. Je suis très consciente que cela va demander une grande écoute et que ça ne plaira pas à la majorité des gens. C’est un album difficile. Les textes sont lourds et c’est différent de tout ce qui se fait…

Q : Comment crois-tu que ton album sera accueillis par le monde hip-hop et les fans de Muzion ?

R : Les fans de Muzion sont mes premiers fans, ce sont les premières personnes qui ont cru en moi. J’espère juste qu’ils vont comprendre ma démarche. C’est un peu comme quand tu quittes la maison de tes parents pour la première fois, ce n’est pas parce que tu vas chercher ton propre appartement que tu n’aimes plus tes parents. Alors j’espère qu’ils vont comprendre que je ne les délaisse pas en faisant cet album-là. Au contraire, je veux les amener ailleurs. Je n’ai pas arrêté de rapper, même que je rap quelques fois sur l’album. Je veux simplement m’ouvrir plus largement sur le monde.

Q : En terminant, comptes-tu revenir aux sources (Muzion)?

R : Les fans savent que je vais revenir. Muzion n’a jamais arrêté. Imposs travaille sur son album solo qui devrait sortir quelques mois après le mien. On est sur le même time, mais là c’est à mon tour de sortir mon message. Lui le poursuivra, avant qu’on revienne ensemble.

Merci Jenny. Nous invitons les lecteurs à découvrir la nouvelle J-Kyll et à te suivre via le : http://www.jennysalgado.com



By: Misha

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