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Les hommages dans le hip-hop québécois - Bad News Brown

La scène est en deuil. Paul frappier mieux connu sous le nom d'artiste de Bad News Brown a perdu la vie de façon tragique ce samedi 12 février 2011.



Ironiquement, j'avais composé un billet la semaine passée sur l'importance de rendre hommage aux artisans de la scène qui persistent dans ce milieu par amour de la musique ou par désir de dépasser la stratosphère de l'underground au Québec. Je mettais surtout l'accent sur la nécessité de souligner pendant cette courte et imprévisible vie leur travail qui passe souvent inaperçu ou dont les gens vont célébrer ou découvrir un peu trop tard...

Heureusement, le talent de Bad News Brown avait déjà été souligné à maintes reprises par les différents médias depuis les années 2000. Le Mirror, le Nightlife, l'Office national du film (ONF) ont successivement vanté les mérites et la singularité du parcours de Bad News Brown. Passant d'un rappeur harmoniciste dans les métros de Montréal à celui qui assure les premières parties des géants de la scène rap américaine (Nas, De La Soul, Snoop Dog), l'ascension de Bad News Brown ne pouvait que servir d'inspiration pour la relève québécoise. Son premier album solo intitulé Born 2 Sin (2009) laissait entrevoir un avenir prometteur sur la scène internationale. Il confiait à La Presse en 2009, « je suis connu comme étant l'artiste hip-hop qui fait des ravages avec son harmonica. Je suis également le premier à sortir un album dominé par l'harmonica».

Si J Dilla est entré au panthéon du hip-hop le 10 février 2006, Bad News Brown se fait dérouler le tapis rouge par ses pairs de la scène québécoise cinq ans plus tard. Contrairement au défunt lutteur de la WWF qui a inspiré son nom d'artiste, BNB ne sera pas relégué au rang de mid-carder. En effet, s'il y a un titre qui pourrait décrire son impact c'est Bridging the Gap (2004) de Nas. Non seulement BNB a eu la chance d'interpréter la pièce avec God Son, mais ce que cette chanson évoque pourrait servir d'héritage pour la scène montréalaise : servir de pont pour traverser le fossé. Ce fossé entre rap francophone et anglophone, entre rap commercial et underground.Le chef d'orchestre allemand Otto Klemperer a déjà dit que « la musique est infinie » et qu'elle est « le langage de l'âme ». Je crois que c'est le moment de laissez-parler la musique de Bad News Brown.



Par: Ghetto Erudit

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