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C-Drik - La vieille école

Avec un album qui s’intitule tout simplement La vielle école on sait à quoi s’attendre de ce vétéran de la scène locale. En effet, la narration des quartiers de l’est de la ville, l’éloge du quotidien sans prétention et l’autodestruction sont tous des traits qui caractérisent le style de rap du C-drik (le lire en épelant les lettres).



La pièce « Le dépanneur » illustre bien ce talent du rappeur à décrire de façon très drôle et véridique les prouesses d’un Indiana Jones des alcooliques après 23hrs. Cette chanson sonne très old school et l’échantillonnage qui dit « quand le dépan ferme plus tôt ça fait vraiment chier » pousse cet humble chroniqueur de hip-hop s’imaginer le potentiel d’une collaboration entre C-drik et Bernard Adamus. Force d’admettre que la chose serait très intéressante pour les mélomanes ! Ainsi, « Dans ma rue » fait également partie des chansons de type « storytelling » qui abonde dans l’album. Malgré la particularité de la voix de C-drik, certaines pièces ont des refrains avec des mélodies imparfaites qui finissent par nous avoir à l’usure. Par exemple, « Dangereux » et « Allo ! Allo ! » sont les meilleurs exemples de ce type de chansons. Dans le cas de la première, on a la vague impression que la mélodie que prend C-drik pour chanter/rapper est influencée par « Paper Plane » de M.I.A version humoristico-plein-air.

Par contre, une pièce de l’album qui ne fera définitivement pas l’unanimité est « Chérie ». Sans l’ombre d’un doute, l’une des déclarations d’amour les plus « trash » entendue depuis un bail, cette chanson va autant faire sourire que dégoûter. Pour certains, c’est uniquement de la vulgarité pour exprimer son affection à sa douce moitié, pour d’autres, ça peut être intéressant d’un point de vue anthropologique.

Heureusement l’album regorge de bons morceaux qui risquent d’être entendus souvent dans les médias hip-hop, dont Ghetto Érudit. Les chansons « Les jours se suivent » feat. Davy et « La vieille école » feat. Paranoize font déjà partie des favorites de ce début d’année 2011. L’ambiance old school de « Lève les mains » évoque aussi l’énergie du surprenant concurrent des premières éditions des Word Up Battles ! Espérons qu’un match contre Wongsifou risque de se matérialiser pour le plaisir des amateurs de joutes humoristiques. Enfin, comme c’est le cas chez plusieurs artistes, l’album aurait sûrement bénéficié de moins de chansons en faveur de la qualité. Le refrain avec auto-tune de « Yeais ! Yeais ! » affaiblit l’intérêt que le beat de la chanson avait initialement suscité.

Certes, le cinquième album de C-drik ne sort pas des sentiers battus. Reste qu’il est inspirant de voir un vétéran partager son monde avec autant de passion qu’une nouvelle recrue. Quelle est la recette pour garder un vétéran intéressé dans une scène en perpétuelle crise ? La réponse à cette question se trouve dans la pièce « Allô ! Allô ! » quand C-drik dit : « des projets ça en prend pour rester vivant (…) des projets ça en prend pour aller de l’avant ». Une leçon à retenir pour la jeune génération.



Par: Ghetto Érudit

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