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BBT - Big Bros 4Eva

L’album de BBT – Big Bros 4Eva - qui célèbre le 10ème anniversaire de l’étiquette de Montréal, représente une étape importante de notre Hip Hop québécois. En effet, la longévité de certaines de nos acteurs principaux – comme c’est le cas pour BBT - semble démontrer qu’il est possible de vivre de cette musique et de demeurer actif après de longues années. De plus, cet album prouve que le label BBT fait partie des entreprises œuvrant dans notre domaine qui sont dignes de respect et qui méritent d’être reconnues pour ce qu’elles ont apportée au rap québécois. BBT est une des labels de Hip Hop local qui a pavé le chemin pour beaucoup des maisons de disques actuelles tout en étant une inspiration pour plusieurs, et ce, depuis le début. Il ne faut pas oublier que c’est grâce à des gars comme Ruffneck, Buzzy Bwoy ou Chub-e que le rap québécois est venu cogner à la porte de plusieurs secteurs de Montréal et du Québec. Voici donc notre analyse de cet album qui marque une étape importante de l’existence du label BBT.



Mettons immédiatement nos cartes sur la table. Comme c’est souvent le cas lors des projets qui prennent la forme d’une compilation, toutes les chansons n’ont pas le même impact et ne viennent pas nous chercher au même niveau. C’est souvent le cas lorsqu’on connaît moins un artiste ou qu’on n’apprécie tout simplement pas certains artistes au même titre que nous en aimons d’autres. C’est effectivement le cas avec cet album qui regroupe une quantité impressionnante des artistes qui ont prêté leurs voix pour les projets de BBT au fil des années. La palette est en effet substantielle : Buzzy Bwoy, Chub-e Pelletier, Jocky, Le Chum, Fou Furieux, Marvel, Shoddy, Ketzal, Board-L, 2e Monde, 2XL, Menardo, Lez Majesté, Goodfellaz, Cza, Freaky et Time de Bluntheadz, Sa Majesté Lintrus et évidemment Ruffneck s’échangent le micro sur cet opus de 16 chansons. Les collaborations sont - dans une grande majorité de cas - très intéressantes et les saveurs varient agréablement d’une piste à l’autre. Or, quoique certains y trouveront leur compte et apprécieront la variété, cette caractéristique peut également représenter l’un des points faibles de l’opus. En effet, certaines chansons ne cadrent pas toujours avec les goûts des auditeurs. En fait, dans mon cas – et cela ne veut pas dire que ce sera la même chose pour tous les fans – l’homogénéité d’un album, lorsque le style me plaît d’emblée, est un point fort qui se doit d’être exploité à son plein potentiel. Dans le cas qui nous concerne, l’album débute avec l’excellent morceau Zéro Fiable de Buzzy Bwoy et Ruffneck. Ce titre à lui seul valait l’écoute de l’album. Hélas, c’est la meilleure pièce de l’album et nulle autre n’arrive à l’égaler par la suite. Heureusement, les morceaux s’enchaînent tous sur des excellentes productions et la grande majorité des pistes nous démontrent que tous les MC du label sont des artistes d’expérience et qu’ils n’en sont pas à leurs premières armes. Toutefois, plus on avance dans l’album, plus on constate que la perle rare du CD et du label réside dans l’énergie que Buzzy Bwoy est Ruffneck apportent au lot. Ce sont là les deux meilleurs éléments du label et de l’album. Ceci étant dit, il est important de noter que je scrute la carrière de ces deux artistes depuis leurs débuts alors que les plus nouveaux du label doivent malheureusement pénétrer l’oreille d’un vieux routard du Hip Hop québécois qui en a vu d’autres et qui connaît très bien son rap local.

Ensuite, si on s’attarde plus particulièrement aux différents aspects de l’album, voici ce que je semble dénoter à prime abord. Je me dois de donner des fortes notes au choix de beats et aux beats producers : Peezee, Chuck James, Le Chum, Farfadet, Mistalex, Ruffneck, BennyBallaz, Lil K, Donald Drumz, Jay Flex et Buzzy Bwoy font tous de l’excellent travail et démontrent que nous sommes biens pourvus en instrumentaux au Québec. Je dois également souligner la qualité d’une panoplie de verses en plus de donner un gros props à Dirty Taz pour l’excellente et comique animation qui nous permet de pénétrer de manière plus intime dans le monde du label. Toutefois, je dois également souligner les côtés moins intéressants de l’opus comme certaines lignes de Jocky dans la chanson Beurré, l’impertinence de 2e Monde qui me fait rapidement skipper la chanson et le son pop bonbon de Goodfellaz qui ne cadre pas du tout avec le genre de rap que j’apprécie. Ce sont évidemment mes opinions et mes goûts personnels qui se manifestent lorsque je vous fais part de ces commentaires, ce qui ne veut aucunement dire que les fans de ces artistes n’y trouveront pas quelque chose de tout à fait magique.

En somme, quoique le projet soit un peu inégal, je considère que cet album mérite totalement d’être acheté et devrait servir d’exemple pour plusieurs amateurs, artisans et artistes de notre scène locale. C’est quand même remarquable de continuer à produire des albums, de mener la carrière de tant d’artistes et d’être toujours aussi audace après tant d’années. Du fait, je tiens à souligner que les projets de BBT continuent à se multiplier et à trouver leur place sur les étagères des magasins de disques. Notons que BBT à fait paraître cet automne l’album de Menardo (Tu vas m'avoir dans tes pattes), la mixtape de Ruffneck (Ton hate est all love) en plus du projet BBT Big Bros 4Eva.

De plus, le label nous a annoncé les sorties suivantes : Cza (Matière Grise - 31 Janvier 2012), BBT Mixtape vol.10 (Hiver 2012), Fou Furieux (Street Talk - Printemps 2012), Ruffneck (Retour Aux Sources - Printemps 2012), en plus du spectacle biographique faisant le parcours du label du premier au plus récent extrait.

On souhaite longue vie à BBT et j’espère que cet album ne fait que marquer le début d’un autre 10 ans au sein de notre industrie.



Par: Brigante

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