Le théorème d'Obia et Cotola. Cotola sera sur scène avec Agua Negra le 18 juin à 22h00 sur la scène La Presse. Parions qu'Obia sera également du spectacle. Voici un aperçu de ce que Le théorème nous a fait vivre..."/> Hip-Hop Québec - La source du Rap Québecois
Accueil > Critiques > Le théorème : Street, unique et complexe

Le théorème : Street, unique et complexe

Afin de continuer notre dossier sur les groupes qui seront des Francofolies de Montréal édition 2013, nous avons pris le temps d'écouter et analyser l'album Le théorème d'Obia et Cotola. Cotola sera sur scène avec Agua Negra le 18 juin à 22h00 sur la scène La Presse. Parions qu'Obia sera également du spectacle. Voici un aperçu de ce que Le théorème nous a fait vivre...



Ce qui me plaît le plus du hip hop québécois en 2013, c’est la diversité de ce qui sort des studios de l’ensemble des créateurs qui participent au grand portrait du HHQc aujourd’hui. J’ai toujours été un grand partisan du progrès et de l’innovation et je ne suis pas de ceux qui croient que le hip hop était forcément meilleur avant. Ceci étant dit, je n’aime pas tout ce qui découle de tous ces grands élans créatifs qui séduisent les profanes du monde hip hop (on parlera de cette réalité qui me pue au nez, dans d’autres circonstances). En fait, plusieurs de ces artistes soi-disant innovateurs ont littéralement fini par m’écœurer par leur désir de réinventer la roue. Il en va de même pour ceux qui n’osent pas essayer des nouvelles avenues et qui nous offrent un rap qui pue les boules à mites. Au bout de la ligne, je me rends compte que j’apprécie énormément quand le passé rejoint habilement le futur et quand l’innovation s’inspire et s’appuie sur les fondations de jadis.

C’est précisément ce que j’ai ressenti en écoutant Le théorème, l’excellent deuxième album d’Obia et Cotola qui juxtapose l’ancien et le nouveau de manière impeccable. Cette nouvelle galette, nous amène encore plus loin que Le Procédé, leur premier effort collectif qui nous avait alors introduit à l’univers du duo qui se plaît à juxtaposer la tradition et l’avant-garde. Alors que le premier projet m’avait laissé un peu sur mon appétit, Le théorème m’a transporté tout au long des 16 pistes de l’album. Sorti sous le label Soltec productions - nouvelle étiquette qui semble vouloir s’imposer par sa différence au sein de l’industrie du hip hop québécois –l’album d’Obia s’inscrira dans l’histoire du rap québécois grâce à sa différence et son unicité. La complexité de cette œuvre ne plaira malheureusement pas à tous car il faut être un vrai connaisseur en matière musicale et hip hop pour se laisser pénétrer par la substance qui nous est ici offerte. Tant au niveau des paroles que des musiques, Le théorème est un univers à part en soi. D’une part, Obia se positionne au niveau des maîtres grâce à une plume toujours juste et affutée. Difficile à expliquer comment et pourquoi l’écriture d’Obia semble si unique, mais ses textes laissent une impression de jamais-vu, alors que les thématiques ne sont pas nécessairement uniques en soi. D’autre part, les compositions de Cotola continuent à m’épater par leur complexité et leur raffinement. Cotola est en pleine possession de ses moyens sur ce disque et sa signature, toujours plus organique, m’épate de fois en fois.

C’est cette mise en commun de deux talents indiscutables qui donne l’excellent résultat qui se résume sur les 16 morceaux du CD. Deux ou trois petites erreurs de parcours m’empêchent de parler de ce disque comme un «no-skip album», mais il n’en demeure pas moins que le rap montréalais (je ne peux pas le qualifier de rap québécois, car cela serait de refuser de comprendre la véritable fondation de l’album) vient de se faire assener un sérieux jab en pleine gueule. Je ne crains donc aucunement de parler de cet album comme l’une des meilleures réalisations de l’année et je prie tous les amateurs de rap street de s’attarder à ce projet. En effet, Obia est un véritable peintre du ghetto sur les instrus que Cotola lui a concocté pour ce nouvel album. Rarement je n’ai entendu des phrases si directes, poétiques et puissantes pour parle du monde très street qui habite l’imaginaire d'Obia. Si la complexité du propos et des musiques peut laisser présager un album de backpacker aux formules paraboliques sans queue ni tête, force est d’admettre qu’Obia Is keeping it real as fuck!! J’invite donc tous les amateurs de rap intelligent (au niveau des textes et des musiques) et les amateurs de rap «écrit pour et par la rue» à se procurer cet excellent album qui conjugue force, sensibilité et maturité. Mention spéciale aux participations toujours adéquate de P. Noize, Souldia et Dramatik.

A écouter absolument avant de mourir : J’dois partir ft. P. Noize


- Brigante -



Commentaires

Boutique En ligne