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50 Cent vs Kanye West

Mardi dernier, soit le 11 septembre 2007, deux géants de l’industrie sortaient leurs opus respectifs. Ces derniers, pour ne pas nommé Kanye West et le controversé 50 Cent ont à la fois enclenché une lutte à savoir qui des 2 seraient le vainqueurs sur les tablettes des bons disquaires.



Intéressant puisque la tendance vers la violence et le gangstérisme à travers le rap pourrait prendre un bon coup d’humilité vis-à-vis les paroles positives et plus accessibles de West. Je ne manifeste aucun favoritisme pour le rappeur originaire de Chicago ou encore Curtis Jackson (50). C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cette double critique de la manière la plus objective qui soit, en comparant leurs derniers devoirs!

50 Cent – Curtis


Pour son troisième opus, la suite de l’excellent « Get Rich Or Die Tryin’ » et du décevant « The Massacre », Jackson décide de retourner à ses racines. Les sons de la rue, un piano, des balles perdues, des pistolets, rien de trop nouveau du côté de Fifty. L’intro raconte l’achat rapide d’un fusil et la première piste « My Gun » n’a rien à voir avec l’excellente pièce « My Buddy » sur l’album du G-Unit. Il faut attendre la 4ième plage pour entendre le premier vrai hit qui s’appelle « I’ll still Kill » en collabo avec le dernier poulain de Shady, Akon.

Les instrumentaux sont toujours un facteur dominant du côté de Interscope. Cependant, l’auditeur sent la redondance des thèmes et la sécheresse dans le flot d’idées de l’artiste de Jamaica Queens. Pour le paroxysme d’une trilogie rapologique on repassera. Le même mix, guns, cash, bitch. Loin d’être un album médiocre, « Curtis » a tout de même son lot de potentiel, 50 Cent a su comment concocter des « clubs bangers » dans le passé et ses associations multiples avec différents producteurs prouvent qu’il n’a perdu sa touche en 2007. D’ailleurs, Timbaland, producteur de son dernier single « Ayo Technology » avec JT, brûle les plaques d’à peu près tous les DJs des bars locaux. Pour la suite, on devrait entendre 50, Young Buck et Nicole Scherzinger sur « Fire » (Dr.Dre) bientôt.

La pression est forte pour 50 qui a dit qu’il se retirerait de la compétition d’artistes rap solo s’il vendait moins que la « Graduation » de Kanye West durant la première semaine de ventes des 2 CDs. À mon avis c’est un disque qui mérite plus d’écoute mais la première impression c’est que cet opus nous laisse sur notre appétit. Ma seule certitude sur cet album c’est que 50 Cent est plus satisfait du résultat final que moi. Même la chanson avec Slim Shady sonne fade. Je ne m’attendais pas un album révolutionnaire mais j’ai cru, pour un troisième effort, à un artiste qui sortirait plus fort que ça. Pour les amateurs de tennis, la comparaison ressemble à : Kanye aura déjà le type d’avantage que Federer aurait sur du béton face à un Nadal blessé.

6.5/10
Hits :
I’ll still Kill feat. Akon
Ayo Technology feat. Justin Timberlake
Fire feat. Young Buck & Nicole Scherzinger


Kanye West –Graduation


Après sa colère exagéré au VMA’s plus tôt ce mois-ci, Kanye avait à me prouver auditivement qu’il était apte à recevoir le titre du meilleur rappeur dans l’est américain. Déjà les sons samplés du collectif Daft Punk pour créer son single « Stronger », c’est assez unique dans le genre.

« Good Morning » ouvre le bal de « Graduation », une complainte sur l’impact de la graduation chez les gens, rien pour séparer les deux titans. On sait que Kanye n’a jamais vraiment aimé l’école et il s’est souvent vanter d’avoir réussi dans la musique sans un diplôme universitaire. La suite sonne original mais rien de trop étonnant si ce n’est de « Stronger » qui s’incruste comme un hit entre Champion et I Wonder qui paraissent bien pâles. J’ai bien aimé la collabo « Good Life » avec T-Pain qui se veut l’hymne à la joie du CD.

Le bon coup de Kanye c’est la douzième piste, une association inespéré avec le chanteur de Coldplay, Chris Martin, qui d’ailleurs écoute et s’inspire beaucoup du rap. Même si cette piste n’est pas un hit sur l’album en tant que tel, c’est une force sans contredit. Mettons les points sur les i, les deux artistes ne sont pas des paroliers de première classe, par contre, West a sans doute investit plus de temps sur ce dernier ouvrage musical que son homologue new-yorkais.

Au niveau des sons, des instrumentaux, des vocaux, la recherche est nettement plus approfondie du côté de Kanye. Les amateurs vont quand même trouver de quoi se mettre sous la dent avec les deux albums. Je crois simplement qu’en laissant la production à plusieurs producteurs différents 50 n’a pas vu assez l’ensemble du projet et qu’il n’a pas réécouté son album avant de le mettre sur les tablettes. Je crois aussi, dur comme fer, que l’expérience de producteur de Kanye West a fait toute la différence sur « Graduation ». Il est allé chercher différents thèmes et atmosphères musicales ce que Jackson n’a pas su faire.

En général les messages que West tente d’inculquer à ses auditeurs est bien divergeant de celui de 50 qui ne veut point se débarrasser de son « streetlife » passé. L’un est plus un « preppy party boy» l’autre est un feu roulant de haine et d’armes à feu. Disons que l’accessibilité à la musique est un gros point majeur sur les ventes mondiales et Fifty s’est vraiment tiré dans le pied sur ce coup là.

8/10
Hits :
Stronger
Good Life feat. T-Pain
Everything I am



Par: W-e-s

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