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Entrevue avec Ruffneck



C’est confirmé deux fois champion pour le trophée du label de l’année. Comment le BBT se sent ?
Ruff : Ben écoutes, le fait d’avoir deux galas c’est encore mieux. Ça vient prouver d’une façon impartiale que tout le monde est complètement d’accord avec ça. Tout le monde est vraiment content, écoutes on travaille fort, on fait nos affaires on avait une vision on s’en allait vers ça, ça vient confirmer que notre idée était bonne et que le travail est apprécié.

T’as semblé être touché avec le commentaire du gérant de Corneille à ton égard. Explique moi ce qu’il a dit à ton sujet lorsqu’il était sur scène.
Ruff : Ce qui s’est passé c’est que lui il racontait qu’il faisait ça avant tout pour le « love » et dans l’industrie où on est, à l’étape où elle est, c’est un gros « guess » commencer ce qu’on commence. Que lui y’a misé le tout pour le tout et il m’a cité un peu comme exemple. J’sens que Ruffneck est là pour les bonnes raisons et s’il fallait il prendrait sa pile de CDS et il irait faire du porte à porte et les vendre un par un parce que c’est ça qui veut faire et pas d’autre chose. C’est quelqu’un super sympathique à qui j’avais jamais parlé avant pis on s’est parlé backstage tout ça. J’ai été touché parce que c’était quelqu’un je connaissais pas, y’a plein de gens qui sont montés sur le stage pour qui j’ai fait des choses, etc… Ils m’auraient nommé c’est sûr c’est toujours cool mais…

Un peu spécial de la bouche du gérant de Corneille qui est un peu extérieur au hip-hop, qui se rend compte finalement qu'il y a des gars comme toi qui travaillent
Ruff : Surtout ça puis surtout de quelqu’un que dans tout les gens dans la salle c’est lui qui à le plus réussi son pari, il y a pas besoin de personne qui est là, il y a pas besoin de bien paraître, c’était pas de la politique tu sais c’était vraiment un « props ». C’est sûr ça m’a touché, c’est quelqu’un qui a réussi. Moi, en tant qu’artiste jamais, jamais, jamais je ne penserais pouvoir un jour aller aussi loin que Corneille à été puis que lui vienne me « props » comme ça c’est sûr ça fait du bien et ça fait sentir qu’on existe pour vrai.

Le rap au Québec semble être tiré de tous les côtés entre plusieurs styles. Est-ce qu’il y a de la place pour tout le monde ?
Ruff :Il y a de la place pour tout le monde, ce qui est un problème par contre, d’après moi, c’est que présentement il y a beaucoup de « hyper soft » hip-hop puis on dirait qui a beaucoup de monde même à la base, eux-mêmes, sont pas soft à ce point là que ça puis ils se forcent pour faire quelque chose comme ça. C’est sur diffusé par rapport au reste puis c’est pas très représentatif de ce qui se fait. J’trouve ça devient un problème parce que si y’en a trop comme ça, ça va devenir le standard et automatiquement qu’on est autre chose que ça, ils nous joueront pas ou ils vont dire : Bon écoutes, ça prend un peu de guitare, faut pas que t’ailles trop de gros bijoux…tout ça. J’trouve c’est pas représentatif de ce que la masse fait, j’pense qui a de la place pour tout le monde, j’trouve juste que présentement c’est ça, c’est un petit peu des modes avec un style dans le tapis on oublie un peu ce qui a autour et on sent à un certain point que ça tourne en rond. Le acoustique, guitare, tout ça, ça plaît beaucoup à un certain public mais, j’veux dire à certain point on peut perdre du monde qui écoute plus du Shoddy, du BBT ou du Yvon Krevé, qui aiment un peu plus les trucs de ce genre là, ben eux s’ils veulent pas en écouter du rap de guitare ils vont juste arrêter d’en écouter parce que là pour l’instant y’en jouent pas beaucoup.

La camisole « Funkytown » que tu portais lors du gala t’as coûté combien (rires) ?
Ruff : Ça pas coûté si cher que ça, j’ai acheté une camisole avec rien de basket, 20 quelques piastres, j’ai trouvé un spot où il font les lettres « custom » comme ça. J’ai été à une place où ils font les chandails de hockey. J’ai dit bon j’vais mettre ces lettres là, là. Le gars j’pense qui capotait d’habitude il fait 7-8 $ sur une job de même là ça a coûté quasiment 40$ de lettres (rires)! Mais, c’était mon idée, y‘était comme bon euh… faut s’habiller pour ça pis je m’en vais de plus en plus vers ça, un petit peu moins comme essayer de m’éloigner de « push » des lignes de vêtements. J’suis encore « down » avec ça. Ce que tu portes c’est un peu ce que t’es à quelque part. Ce qui est le plus important c’est mon hood, c’est mon crew, so ça plus d’importance qu’un logo Sean John qui veut rien dire pour moi.

Tu prépares un nouveau vidéo-clip qui risque de surprendre beaucoup de monde, parles moi en.
Ruff : Ben écoutes, avant tout, moi j’suis un gars, d’après moi, si je réussis là-dedans parce que je suis un gars qui ose faire des trucs, pis qui tourne pas trop en rond et qui ose se réinventer jusqu’à un certain point. Puis, c’est ça le vidéoclip c’est totalement différent de n’importe quoi qui est sorti d’ici. Ça va se passer, un peu dans un vibe années 30, un peu Moulin Rouge. On parle du morceau : On trouve le moyen de chanter. C’est un beat swing, on a vraiment été à fond là dedans quand on a engagé des danseurs swing professionnels mélangés avec un peu de break, dans un genre « music hall », ça va être vraiment nice ! Donc, c’est ça années toute est années 30 tout le monde années 30 y compris moi hehe! J’ai essayé beaucoup de trucs, écoutes je la connais la chanson, je m’habille Nike, je mets un gros chain pis je rap devant une caméra. J’avais le goût d’essayer d’autres choses, un autre concept, un autre truc. Puis, c’est ça, on tourne dans les prochains jours et j’ai ben hâte de voir ce que ça va donner.

Ce morceau représente quel moment dans ta vie ?
Ruff : J’suis un gars en général qui est, d’après moi, très, très positif. Quand il se passe des trucs j’suis le gars qui dit : « Ah pis fuck man ! ». On passe par-dessus tsé. Puis, « On trouve le moyen de chanter » c’est ça c’est pas un moment, c’est un état général mais, bon ça se passe à l’intérieur j’pense pas être souriant comme ça ! C’est un état général du genre, « On trouve le moyen de chanter », le concept c’est : même si on a toutes les raisons du monde de pas faire ce qu’on fait, on le fait pareil, donc on va le faire avec le « smile » you know ! À la base j’ai écris ce track là parce que ma mère était malade pis j’essayais d’y dire comme : « Regardes ça va passer », « Fait ce que t’as à faire » et « Après la tempête, le beau temps » ! C’est un peu ça.

Sans vouloir créer de conflits, le trophée du producteur de l’année au gala Unistar est allé à Ray Ray, mais plusieurs personnes étaient convaincues que tu repartirais avec le titre. Comment as-tu réagi ?
Ruff : J’ai bien réagis, j’veux dire écoutes là. On parle de Ray Ray, on ne parle pas de n’importe qui. J’ parle d’un gars qui était là bien avant moi, qui a fait des hits bien avant moi. J’veux dire cette année j’pense des hits j’en ai sorti « à la pelle ». J’pense Ray Ray était un petit peu moins productif peut-être depuis la dernière année, c’est sûr. Mais, moi j’me laisse pas emporter un peu là dedans. J’sais ce que je mérite, big up à lui pour l’avoir gagné. Ça porte à confusion vu c’est les premiers galas au Québec, moi ce que j’ai depuis le début des galas, même avant que les trophées se gagnent. Je le savais que c’est un peu ça. Parce que les gens veulent un peu récompenser l’ensemble de ce que les gens ont fait. C’est parce là, il faut mettre un point A pis le point A par là. Puis, j’veux dire on peut pas oublier le temps, j’pense les gens c’est ça, ils voulaient récompenser tout le monde pour l’ensemble de ce qu’ils ont fait. Puis, je pense que l’année prochaine, bon, ça va vraiment être juger de telle date à telle date, qu’est-ce qui s’est fait pis est-ce que c’est ces gens là qui gagnent ? J’pense qu’en général c’est ça, j’ne dis pas ça pour Ray Ray nécessairement. J’aurais aimé ça le gagner, je sentais je le méritais aussi mais, c’est pas comme si je perdais le trophée contre un inconnu. C’est une question d’opinion mais en bout de ligne, c’est le public pis le game qui a tranché donc si le trophée allait à lui, y’allait à lui, c’est pas plus grave ! J’vais me forcer et l’année prochaine je le gagnerai.

Tu annonces depuis des semaines que le prochain projet de BBT risque de faire beaucoup de bruit. Pourquoi ?
Ruff : Ben écoutes l’album, j’trouve d’un côté c’est facile et difficile à vendre, écoutes on me connaît bien, on connaît bien Buzzy Bwoi, on connaît bien Chub-e, on commence de plus en plus à connaître Verb. Comme je disais à ben du monde, des fois j’essayais de le vendre pis y’étaient comme : Regarde Ruff, tu perds ton temps, tu penses tu qu’avec 4 mcs comme ça pis des beats comme ça il y a des chances que ça soit mauvais, j’pense pas qui aie de chances que ça soit mauvais, j’pense que tout le monde se fait une idée différente sur ce que l’album va être. J’pense ça va être beaucoup plus un album de show, un album « raw », un album relativement hardcore, c’est sûr on va y aller avec des morceaux plus « deep » mais, j’pense c’est pas le mandat du groupe BBT avant tout. Si BBT en groupe ferait du Ruffneck ben pourquoi Ruffneck aurait à faire un album solo après ? J’pense que chaque projet doit avoir son identité et l’identité BBT c’est vraiment mettre le party, « bring the ruckus », c’est comme let’s go on casse toute.

Combien d’exemplaires de ton album solo as-tu vendu ?
Ruff : Avec ce qui a en magasin, ce que j’ai vendu dans le street, etc. Je frôle le 4000, j’dis officiellement 4000 parce que je check pas les inventaires tout les jours. On pense qu’il (l’album) devrait prendre un deuxième envol avec le prochain vidéo puis, le track aussi va est tracker dans les radios, ce qu’on essaye c’est d’attaquer un peu plus les radios commerciales avec ça. C’est un nouveau défi, on est des gars de défis, si y’a pas de défi à l’arrivée c’est là on trouve ça plate, c’est ben le fun faire des tounes mais, c’est pas juste ça. Il y un défi d’entrepreneur derrière ça et ç’est ça qui nous pousse.

Si tu avais un message à passer en ce moment à la communauté hip hop du Québec ça serait quoi ?
Ruff : Niveau business, ça va relativement bien, j’pense qui à encore du niaisage de cour d’école, y’a pas de plans qui se forment, mon chum pense ça donc j’pense ça aussi et j’ « back » la pensée d’un autre. J’trouve ça un peu ridicule j’veux dire. Le nouveau business avance bien, on voit que tout le monde sent que ça va marcher de plus en plus. Ça marche pour certains. Tout le monde pousse et à ce niveau là ça va bien. Il y a du bon produit qui sort quand même y’est pas vraiment là le problème, le problème c’est qu’il y a des businessmen dans chaque crew et laissons ces businessmen là faire de la business, laissons ces gens là parler plutôt que faire des caucus de fond de couloir ou des affaires par en dessous. Que ce soit le hip-hop, la restauration ou le « drug dealing » c’est un petit peu pareil partout. Jusqu’à maintenant on a réussi à garder ça quand même clean, quand même agréable comme ambiance. J’pense tout le monde devrait se forcer et y mettre un peu du sien. Oui, y’a des divergences d’opinion faut pas aller trop loin là dedans faut pas prendre ça trop à cœur. En bout de ligne, on fait de la musique, on vend des CDs et si tout le monde s’entend bien les CDs vont juste tous être vendus et c’est bon.

Ruff Trouble Time : Ruffneck, « C’est tout ce que j’ai », en vente partout, nouveau vidéo s’en vient checkez ça ! J’espère ça va voter en masse parce qu’on travaille quelque chose de fort pour ramener quelque chose de différent. Aussi, « History in the making » ceux qui l’ont pas allez le downloader. L’album de BBT cet automne, je te donne un scoop, on a changé le titre de l’album ça s’appelle plus « New School », ça s’appelle « BIG », on apelle juste ça « BIG » parce que la promo va être « BIG », on va donner un petit style « Godzilla » à la promo Chub est assis sur le stade et moi j’grab un building, chillin you know. Donc c’est ça le vibe de la promo pour ça. Juillet ou Août, j’dirais plus août, il va avoir un new mixtape qui sort les 4 membres du groupe vont être très présents, il va y avoir le new school BBT, les nouveaux cats, le new flava, on a beaucoup de gens qui commencent à travailler avec nous. Comme je disais dans une autre entrevue j’sens que BBT à inventer un style, on aime ou on aime pas ça mais, je sens que notre style est vraiment propre et je sens que personne d’autre est vraiment capable de faire dans ce style là ce qu’on fait. Je m’amusais à chercher des jeunes mcs qui ont été influencés par notre style et les pousser pour que quand moi et Buzzy on soit trop vieux qu’on aille des jeunes qui continuent dans cette branche là. C’est ça qu’on va présenter sur le prochain mixtape avec tous les autres « Funkytown kids » qu’on à ben hâte de vous présenter. Ce qui est important : « C’est tout ce que j’ai », en vente partout, BBT « BIG » ça sort cet automne ça va être BIG, Big up à HHQC allez voir mon site http://www.brodah.ca HOLLA !



Par: Hell-T

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