Accueil > Interviews > Entrevue avec Chaplin

Entrevue avec Chaplin

Tu rappes en anglais depuis toujours, mais tu persistes à tenter de percer au Québec. Pourquoi ne tentes-tu pas ta chance sur le marché canadien anglais ou aux États-Unis ?



Chaplin :C’est vrai, je pourrais me dire que j’ai plus de chances de réussir du côté Canada anglais ou du côté des States. D’ailleurs plusieurs personnes me disent que je suis fou d’insister à rester ici. Par contre, j’ai un love pour Montréal et je crois sincèrement que je peux continuer à faire mes shits ici et percer ailleurs.

Tu n’arrêtes pas de parler de ton attachement à Montréal et au Québec. Comment perçois-tu la scène hip-hop locale ?
Chaplin : Il y a énormément de talents ici. Je pourrais faire la comparaison suivante; Le hip-hop d’ici est comme le jardin botanique avec toutes les fleurs qu’on y retrouve. Par contre, il n’y a personne pour les arroser. Résultats: nos talents finissent par se faner ou tout simplement n’arrive pas à se développer. Il faut déployer des mesures et des structures capables de nous encadrer.

Belle comparaison, mais que doit-on faire pour palier ce manque ?
Chaplin : Tout d’abord, il faudrait que les promoteurs arrêtent de se prendre pour des producteurs et qu’ils recommencent à organiser des petits shows. On ne peut pas parler d’une industrie du rap au Québec, alors qu’il n’y a même pas de véritable scène.

Tu risques de te faire des ennemis, tu crois sincèrement qu’il n’y a pas de scène hip-hop au Québec ?
Chaplin : C’est exact! Comment peut-on parler d’industrie ou de scène alors qu’il n’existe ni organisme de recensement, ni organisme de rassemblement. On commence tout juste à passer de façon plus soutenue dans les médias. Il y a encore du chemin à faire avant qu’on puisse parler d’une véritable scène.

Alors Chaplin, quelles sont les solutions ?
Chaplin : Il faut d’abord qu’on arrête de vouloir être MC à tout prix. Il faut arrêter de vouloir être des producers et toujours devant la caméra. Être devant la caméra ou sur le mic, c’est ce qui se trouve à la fin de la chaîne. Il faut des managers, des boîtes de communications, des médias qui vont encadrer les artistes. Il faut organiser une structure.

Je peux donc te renvoyer la balle Chaplin. Pourquoi l’homme d’affaires que tu es ne se contente pas d’être derrière les projecteurs ? Pourquoi continues-tu à rapper ?
Chaplin : J’ai beaucoup d’offres rattachées à la gestion et à la production. Je dois, par contre, dealer avec le fait qu’on écoute ma musique et qu’il y a une demande. Il faut absolument que je pousse ma carrière, car je crois pouvoir emmener le rap québécois à un niveau international. J’ai 25 ans aujourd’hui, si à 28 ou 29 ans rien ne se passe, il est certain que je vais me concentrer sur le côté business.

Parlons maintenant de ta carrière artistique. Tu as lancé un premier album, Solhum, en 2003 qui était très prometteur. Plusieurs pensaient que ce dernier figurerait parmi les classiques du rap québécois. Comment se fait-il qu’il soit passé si inaperçu ?
Chaplin : Pour moi, c’est un classique! Il y a toute une histoire derrière cet album. Je l’ai composé avec Nabo. J’ai trouvé ma distribution seul (Audiopact et Sélect), j’ai également eu une subvention de Vidéofact pour mon premier clip. J’ai travaillé très fort sur ce produit. Il ne me manquait seulement une équipe de promotion. J’ai donc approché Carl de Hip-Hop Forever. J’ai vraiment cru que cette organisation était sérieuse et qu’elle allait m’appuyer dans mon projet. Au début de la campagne promotionnelle tout allait bien. En milieu de parcours, on m’a demandé de signer un contrat autre que celui de promotion. C’était un ultimatum: tu signes ou on arrête la machine. J’ai refusé de signer et ils ont tout arrêté. Par la suite, j’ai appris que Carl voulait me forcer la main, parce que certains majors étaient intéressés et qu’il voulait avoir un certain contrôle.

Écoutez la deuxième partie de l'entrevue en audio!

Tu nous reviens trois ans plus tard avec un second album et l’histoire semble se répéter, puisque tu confies le soin à BBT de s’occuper de ta promotion et de ta distribution. Tu as ton propre label, pourquoi allez voir une autre maison de disques ?
Chaplin : Je ne crois pas qu’un artiste puisse s’occuper de tout. Il faut apprendre à déléguer. Entre moi et Ruffneck la chimie est bonne et je lui fais confiance. Il est dans la game depuis longtemps et il fait bien ses affaires. That’s all I need!

Ton deuxième opus, The Price of Freedom, doit sortir l’été prochain. Pourquoi avoir choisi un tel titre et quels sont les thèmes qui y seront abordés ?
Chaplin : Le prix de la liberté pour moi, c’est la mort. C’est le prix qu’on paie pour cette quête de liberté à tout prix. Plusieurs voit dans le matériel une pseudo liberté, mais pour moi la vraie liberté c’est la mort. Les deux thèmes que j’y aborde sont la peine et la misère. Ce n’est pas un album triste, ni un album party.

Est-ce que cet album marque l’arrêt de mort de Chaplin, puisque c’est sur le pseudonyme d’Ajay Harshall que tu signes ton prochain disque ?
Chaplin : Pas du tout, Chaplin existe toujours! Ajay Harshall, c’est un autre aspect de moi. C’est mon côté plus rebelle, plus mystérieux que vous risquez de découvrir.

Parlons un peu de tes projets. Tu brasses pas mal de choses. J’aimerais vraiment mettre l’accent sur cette compilation du Matrix de Montréal (nouvelle équipe professionnelle de basketball) qui doit paraître prochainement.
Chaplin : À l’annonce de la venue d’une équipe de la ABA à Montréal, j’ai tout de suite rejoint le directeur général de l’équipe pour lui faire savoir mon intention de sortir cette compilation. L’équation est simple: basketball rime avec hip-hop, je ne pouvais pas passer à côté de cette opportunité. Ils ont accepté le projet et j’ai réuni plusieurs MC du Québec pour sortir un album compilation qui va vraiment faire du bruit.

Qui retrouve-t-on sur cette compilation ?
Chaplin : Wow! Il y a CMC, BBT, Yncomprize et Maloria, Ciarra, Bad News Brown, 1Étranj, Solo, South Shore Riddim (un nouveau groupe de la Rive-Sud), Miccalauréat, Boogat (une excellent track en espagnol), SNC et Sabrina Jean. J’en oublie peut-être, mais c’est vraiment hot! J’encourage tout le monde à se la procurer et aussi d’aller encourager cette nouvelle équipe. Les billets sont seulement 10$, ça vaut le coup. Vous pouvez aussi allez sur le site internet de l’équipe pour les dates des parties au www.montrealmatrixbasketball.com.

Le mot de la fin est pour toi Chaplin !
Chaplin : Je sais que beaucoup de gens s’attendent à ce que Chaplin sorte correctement, je tiens seulement à dire que les choses avancent et que vous ne serez pas déçus. Aussi surveillez la sortie de ma prochaine mixtape, The Face of Death, et allez faire un tour sur www.chaplinworld.com pour tout savoir sur ce qui se passe dans mon monde. Big up à HHQC et merci pour cette entrevue.
Voir la page de Chaplin sur HHQc!

www.chaplinworld.com



Par: Carla Beauvais

Commentaires

Boutique En ligne