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Joe B.G. : souvenirs avec Buzzy Bwoy, Ruffneck, Dramatik et Magiste

Pour faire suite à notre papier en hommage à Joe B.G. aka Mista Snake, nous avons demandé à certains MC’s de partager quelques mots de leur expérience de vie avec le défunt rappeur. Chose qu’ils ont faite avec plaisir. Évidemment, nous aurions aimé en inclure d’autres, dont PeeZee, mais ils n’ont pas su répondre à temps. Voici tout de même les témoignages de Magiste, Ruffneck, Buzzy Bwoy ainsi que Dramatik.



Magiste 

Magiste est un ami de longue date de Joe B.G. Il l’a connu avant même qu’il devienne rappeur. Pendant un certain moment, Magiste s’est entre autres occupé des backvocals en spectacle pour Snake. 

« J’ai connu Joe à Charlemagne quand j’avais environ 13 ans. On est automatiquement devenus amis. Je crois que ce qui le démarquait des autres, c’était sa volonté de réussir. Il était un excellent businessman autodidacte qui a vite appris les rouages du métier. Il a touché à tout, de l’infographie à la production musicale. Le nom Mista Snake n’avait aucune signification pour lui. Il avait trouvé ça quand il était très jeune. Cast, le manager de SP à l’époque, voulait qu’il le change. Il a passé un bon moment à cogiter avant d’y aller avec la simplicité : Joe pour Jonathan, B pour Beaupré et G pour Guilbeau. » 

Ruffneck

Ruffneck, quant à lui, a travaillé assez tôt avec Joe B.G.. Il a été l’un des premiers à le découvrir, par l’entremise de Peezee. 


« On remonte à une époque où il y avait pas beaucoup de rappeurs. C’était dans les tous débuts de Micks Familia. Quand tu rentres dans un studio, on te fait écouter ce que les autres qui sont passés avant toi ont fait. Une époque où il y avait un grand esprit de communauté. Peezee m’a fait écouté Snake pis quand j’ai entendu ça, j’ai tout de suite flashé. Je trouvais qu’il avait une voix spéciale. Au niveau des patterns, c’était très carré, tu vois qu’il était ailleurs. Il avait étudié son rap. Nous autres, avec Micks Familia, c’était très freestyle, très garoché. Bref, en 1998, on trouvait qu’il se démarquait. Première fois que je l’ai vu, c’était dans un show avec Micks Familia. Il était aussi sur le line up. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il avait ses instrus sur un ADAT, pis nous autres sur une cassette régulière.

Joe a fait partie de cette vague de gens qui ont inspiré la génération de rappeurs suivante. En ayant son home studio, en produisant ses propres trucs, en faisant vraiment toute « à la mitaine ». Il a donné le goût à ben du monde de s’organiser avec pas grand chose pis faire de quoi de bien. 

Si tu veux un petit bonbon : Snake amenait toujours sa Tornade aux fruits des champs. C’était un peu le running gag : quand on prenait un verre, il arrivait avec ses deux Tornade. C’était un autre époque. »

Buzzy Bwoy

Buzzy Bwoy et Joe B.G. se sont également connus dans les débuts. Deux bons amis qui ont beaucoup de temps ensemble.


« On faisait beaucoup de beats ensemble, mais on passait surtout nos journées downtown à slang avec Chub-E et Séice. On passait beaucoup de temps en voiture. Moi et Snake, on fumait des spliffs toute la journée pis fuck qu’il aimait les Oh! Henry. C’était fou. Dès qu’on fumait un spliff, fallait qu’il arrête dans un dépanneur acheter une Oh! Henry. Aujourd’hui, chaque fois que je vois cette palette de chocolat-là, je pense à Snake pis ça me fait bien rire, parce que ça sentait toujours l'arachide dans le ride. 

C’était un très bon bwoy. On a work jusqu’à la fin. C’était un gars très vrai. Il parlait que de ce qu’il connaissait, de ce qu’il vivait. Il pouvait se passer quelque chose dans la journée et le lendemain, il avait un track. Il donnait pas de fla-fla, pêchait pas dans les airs. On le reconnaît aussi par sa voix unique. Il y en avait pas deux... »

Dramatik

Dramatik a été le premier à rendre hommage à Joe B.G. en chanson. Mista Snake lui a également donné la piqure pour le beatmaking. 


« Je m’en rappelle plus comment on s’est rencontrés, mais je me rappelle avoir été approché pour un feat incluant Yvon Krevé et le temps venu, j’étais chez lui. Cet artiste pieuvre entouré de samplers Akai vintage dans un studio home made. À la fin de la session entrecoupée de partage de blunts et de jokes, l’un des rappeurs blancs les plus stylish me remettait un cd avec un crack Cubase dedans et un plugin (Orchestra). Ce cd est devenu la clé de mon aventure en beatmaking et sans sampler. Un matin alors que j’étais en train de sampler sur mon logiciel, j’ai reçu un appel d’un ami qui venait de m’apprendre la nouvelle tragique. J’ai été sur le choc et mon réflexe a été d’honorer sa mémoire ayant encore les doigts sur le vynil de Michel Fugain d’où j’ai pris un sample de la chanson « Bravo ». Je me devais de terminer cette mission devenue presque céleste, c’est-à-dire : finir le beat, le mixer, écrire 2 verses pour les enregistrer, faire un des premiers refrains Auto-Tune de la game pour ensuite mixer le tout la journée même, dans la même fougue qu’un artiste pieuvre l’aurait fait. J’ai reçu du love et des WTF pour ce move, soit de l’avoir présenté à la radio (Nuit Blanche) avant même que SP ait la chance de s’ouvrir sur le sujet... Pourtant, je n’ai pas été opportuniste, juste fier d’avoir eu cette opportunité d’avoir eu un tip sur comment se démerder à être autonome en tant qu’artiste avec peu de matos. À l’église, sa mère et sa famille proche m’avait donné leur bénédiction et j’ai su que c’était un move saint. »



Par: SDG

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